Si lier à l’invisible. Percepts, affects et images dans le champ religieux brésilien (Marina Rougeon)
Que fait l’ethnographe en prenant des photographies sur le terrain du religieux ? Quels sens, usages et représentations une telle expérience visuelle peut-elle révéler in situ ? Qu’en est-il également des images photographiques produites au moment d’établir une narration du vécu ethnographique dans des univers où le rapport à l’invisible est central ? À partir d’éléments ethnographiques issus de terrains brésiliens sur des pratiques de guérison (bénédiction, umbanda), il s’agira de présenter les résultats de travaux de recherche considérant la photographie à la fois comme pratique ethnographique sensorielle, mais aussi comme forme de connaissance pour l’anthropologie. Rendre compte par la photographie des univers sensoriels de divers moments rituels permet d’appréhender ce qui relève de l’expérience vécue d’un contact avec l’invisible, et ses conséquences. Enfin, l’adoption d’une approche sensible de ces pratiques de guérison est susceptible de renouveler notre regard porté sur ces réalités, sur les rapports entre visibilité, invisibilité et visualisation, et a fortiori, sur le religieux.
Docteure en anthropologie (Université Lumière Lyon 2), Marina Rougeon est maître de conférences de l’UCLy rattachée à l’Institut Société Famille, membre du groupe « Éducation, personne, accompagnement » de l’Unité de Recherche CONFLUENCE : Sciences et Humanités (EA 1598), et chercheure associée à l’UMR 5600 Environnement Ville Société. Elle mène des recherches à partir de terrains ethnographiques dans différentes régions du Brésil et en Europe méridionale, à la croisée de l’anthropologie visuelle, des religions et de la santé. Dans ses travaux, elle aborde entre autres questions théoriques et épistémologiques la proximité ; les discriminations (racisme) ; la guérison ; les rapports entre social, sens et affects ; les rapports aux formes de l’invisible (religions ; risques environnementaux) ; les écritures de l’anthropologie (film, photographie, dessins). Plus récemment, ses recherches s’ouvrent au champ de l’anthropologie de la famille et de la parenté, pour interroger en particulier les configurations contemporaines de la monoparentalité au Brésil. Marina Rougeon est également coordinatrice éditoriale à l’Unité de Recherche CONFLUENCE : Sciences et Humanités (EA 1598).
