Depuis 2016, la SQÉR a organisé quatre colloques :

« Le religieux où on ne l’attend pas. Nouveaux enjeux pour la recherche universitaire  », UQAM, ACFAS, 9-11 mai 2016.

Responsables : David Koussens, Université de Sherbrooke, Corentine Navennec, Université de Sherbrooke, Jean-Philippe Perreault, Université Laval

Ce colloque visait à répondre aux questions suivantes : quels sont les nouveaux lieux d’émergence et d’expression du religieux? Dans quelle mesure les savoirs universitaires permettent-ils d’en saisir les déplacements? Quels enjeux épistémologiques implique l’analyse interdisciplinaire du phénomène religieux contemporain?

Il a également constitué une plate-forme de relance de la Société québécoise pour l’étude de la religion, dont les activités avaient été mises en veille au cours des quatre années précédentes.

Voir aussi l’article de Présence-Info sur ce colloque.

« Religion et culture : entre oxymore et pléonasme », McGill, ACFAS, 10-11 mai 2017.

Responsables : Géraldine Mossière (UdeM), Sivane Hirsch (UQTR)

Si les premiers penseurs des sciences sociales des religions (Tylor, Durkheim) se sont d’abord penchés sur les sociétés dites « primitives », c’est parce qu’implicitement ils assimilaient culture et religion. Les travaux de Weber sur les liens entre religion et système économique participent de cette perspective, bien qu’élargissant la notion de culture. Les études sur les monothéismes et leurs prétentions universalistes amènent toutefois à s’interroger sur l’articulation entre le religieux et le culturel. L’intérêt que les sociétés occidentales portent aux traditions liées à des aires culturelles du Sud a également mis en évidence l’influence du paradigme chrétien sur la définition même de la religion. Alors que, dans la foulée de la modernité et de la globalisation, le thème de la dissociation religion/culture constitue désormais une rhétorique partagée par les acteurs religieux, force est de constater que les religions elles-mêmes tendent à repenser la pertinence et l’opportunité de s’inscrire dans des systèmes culturels locaux (théorie de l’inculturation catholique, réappropriation des idiomes locaux par les pentecôtismes, construction d’un islam moderniste, etc.) et, le cas échéant, les modalités de cette insertion. La sécularisation et la diversification religieuse des sociétés contemporaines complexifient le paysage en favorisant l’apparition de combinaisons symboliques rendues inédites par des jeux d’innovation du croire et de la pratique. Certains auteurs identifient des traits de religiosité dans des pratiques de l’ordinaire apparemment sécularisées. Un tel chevauchement se diffracte également dans les choix et modèles d’inclusion du religieux dans le lien social. Ce colloque organisé par la Société québécoise pour l’étude de la religion se veut un espace d’échanges interdisciplinaires sur les articulations et tensions qui animent la dynamique religion et culture.

Programme en ligne.

Symposium : « Étudier la religion au Québec. Regards d’ici et d’ailleurs », UQAM, 30 novembre-2 décembre 2017.

Responsables : Jean-François Laniel (Université du Michigan), David Koussens (UdeS), Catherine Foisy (UdeS).

(Crédits photos : Université de Sherbrooke)

Organisé par le Centre de recherche interdisciplinaire sur la diversité et la démocratie (Cridaq), conjointement avec la Chaire de recherche Droit, religion et laïcité, le Centre de recherche Société, Droit et Religions de l’Université de Sherbrooke, ainsi que de nombreux partenaires de l’UQÀM, de l’Université Laval et de l’Université d’Ottawa, le symposium Étudier la religion au Québec; Regards d’ici et d’ailleurs s’est tenu du 30 novembre au 2 décembre à Montréal.

 

Divisé en huit tables rondes, cet important symposium a permis de réunir une quarantaine de conférenciers originaires du Canada, mais également des États-Unis, de France, du Japon, de Belgique et d’Espagne, pour discuter de l’intérêt d’analyser le phénomène religieux au Québec pour les sciences humaines et sociales des religions. « Cela faisait plus de 25 ans qu’un évènement n’avait réuni une aussi large communauté de chercheurs travaillant sur le religieux au Québec, traduisant par le fait même l’importance et la vitalité des études qui lui sont consacrées », explique David Koussens, membre du comité organisateur de l’événement avec Jean-François Laniel et Catherine Foisy. Quelque 80 participants ont également assisté aux nombreuses conférences présentées au cours de ces trois jours.

Un sujet au cœur de l’actualité

La salle comble prouve à quel point la religion est revenue au centre de l’actualité politique et au cœur des débats scientifiques.

Au Québec comme ailleurs, la religion est en effet revenue au centre de l’actualité politique et au cœur des débats scientifiques. Qu’il s’agisse de la pluralisation ethnoreligieuse des sociétés, de la diversification des expressions du croire, de la poussée du populisme religieux ou plus largement de la mise en cause du paradigme moderniste de la sécularisation, les raisons ne manquent plus d’étudier la religion en société – s’il en fut jamais autrement.

Parmi les sociétés disponibles au regard du chercheur, le Québec constitue depuis peu un cas privilégié dans l’étude de la religion. Il trouve de plus en plus de place dans les travaux comparatifs, tandis que de récents ouvrages canadiens et internationaux lui sont en grande partie sinon en tout consacrés.

Divers facteurs peuvent contribuer à expliquer cette popularité pour l’étude de la religion sise au Québec : à l’évidence, le Québec est traversé par une pluralité d’enjeux communs aux sociétés modernes avancées – sécularisation, pluralisme religieux, État de droit laïque, exculturation et internationalisation du catholicisme –, ce qui en justifie l’étude et la comparaison. De plus, le Québec se situe à la croisée de multiples aires géographiques et culturelles – transatlantique, nord-américaine, francophone, catholique, anglophone – ce qui facilite la diffusion et la comparaison à même divers champs et réseaux d’étude, tout en multipliant les variables disponibles. Qui plus est, le Québec présente nombre de traits sociétaux distinctifs – sécularisation tardive et poussée, catholicisme culturel, petite société, cadre fédéral plurinational –, ce qui enrichit la comparaison et l’ouvre vers d’autres horizons. Et enfin, l’institutionnalisation de l’étude de la religion a atteint un niveau de maturité tel au Québec qu’il en accroît la visibilité et la pertinence. À plus d’un titre, pour de nombreux spécialistes, le Québec fait vraiment figure de laboratoire du religieux et des religions en modernité avancée.

Colloque « Les espaces du religieux », UQAC, ACFAS, 7-9 mai 2018.

Responsables : Sara Teinturier (UdeS), David Koussens (UdeS).

Ce colloque organisé par la Chaire s’inscrivait dans les activités annuelles de la Société québécoise pour l’étude de la religion (SQÉR). Il a réuni une trentaine de conférenciers du Canada mais aussi du Chili, de Côte d’Ivoire, de France et de Suisse.

Sept sessions ont rythmé les deux journées et demie de travaux portant sur les « espaces du religieux », réflexion proposée dans une perspective pluridisciplinaire et tenant compte aussi bien des espaces traditionnels des religions (communautés et leurs développements, espaces de production doctrinaux), que des espaces négociés par les religions (comme les relations entre religions et espace public) ou des nouveaux espaces du religieux (sphère numérique). Jeunes chercheurs et chercheurs confirmés ont ainsi exploré les dynamiques et les évolutions d’espaces à travers les disciplines historique, géographique, sociologique, ethnographique…, de l’antiquité à l’époque contemporaine.

Le colloque a été également le siège de l’Assemblée générale annuelle de la Société québécoise pour l’étude de la religion (SQÉR), dont la réflexion a porté sur les enjeux de l’étude de la religion dans les milieux académiques et a proposé des pistes d’activités scientifiques pour les prochaines années. Un nouveau bureau y a été élu.

(Crédits photo : Sara Teinturier)

Programme en ligne.