Prix du meilleur mémoire de maîtrise et de la meilleure thèse de doctorat de la Société Québécoise pour l’Étude de la Religion

Fidèle à son mandat de soutenir la recherche et soucieuse d’appuyer la relève au sein des disciplines abordant la question du religieux, la SQER est heureuse de lancer la seconde édition de son concours biennal du meilleur mémoire de maitrise et de la meilleure thèse de doctorat dans le champ multidisciplinaire des études sur le religieux. Les candidat.e.s primé.e.s auront la possibilité de venir présenter leur travail de recherche à l’occasion du congrès biennal de la SQER (5 à 7 mai 2027, Université de Montréal).

Les résultats du concours seront disponibles en printemps 2027.

Déposer votre candidature

  • au plus tard le 1er décembre 2026
  • Un résumé du mémoire ou de la thèse, accompagné de l’introduction
  • Le rapport d’évaluation du mémoire ou de la thèse (si possible, le rapport de l’évaluateur.rice externe pour les thèses) ou tout type d’évaluation officielle du travail
  • Une lettre de recommandation du ou de la superviseur(e) de recherche
  • Les relevés des notes de tous les programmes de cycles supérieurs
  • Un CV

Peuvent candidater les étudiant.e.s :

  • ayant soutenu au cours des années civiles 2024, 2025 ou 2026
  • un mémoire de maîtrise ou une thèse de doctorat portant sur le religieux ou le spirituel et n’ayant pas soumis au précédent concours ;
  • ce mémoire/cette thèse doit avoir été réalisé.e dans une université québécoise ou dans une université francophone du Canada ou à l’étranger. Si l’université est située hors du Canada, le mémoire ou la thèse doit mettre le Québec de l’avant.

Historique des prix

Prix de la meilleure thèse du doctorat

Isabelle Kostecki
Docteure en anthropologie (Université de Montréal) et en sciences des religions (Université de Fribourg), Isabelle Kostecki est chercheuse post-doctorale à l’Université d’Ottawa dans le cadre du projet « Non Religion in a Complex Future ». Ses recherches portent sur les rites et la religiosité contemporaine, avec un accent particulier sur la créativité rituelle, la mort, les expériences de fin de vie et de deuil, ainsi que la spiritualité en milieu de santé.

De la Mort-Fin à la Mart-Vie : Portée relationnelle des rites de fin de vie émérgeant en soins spirituels dans les institutions de santé québécoises
Cette thèse en anthropologie porte sur les rites de passage offerts aux patients mourants et à leurs proches en institutions de santé québécoises. Phénomène peu étudié, des cérémonies de fin de vie non confessionnelles se développent depuis une quinzaine d’années dans la discipline émergente des soins spirituels en Occident. Au Québec, les intervenants en soins spirituels (ISS), relève des aumôniers, font figure d’avant-garde en la matière. Ces cliniciens font preuve de vision et de virtuosité pour proposer des rites dans une approche de relation d’aide centrée sur le patient en reflétant les transformations de la religiosité contemporaine.

Avec la sécularisation, les Québécois sont de plus en plus distanciés du christianisme institutionnel et adoptent des modes de religiosité individualisés, hétéroclites et implicites. Par conséquent, les membres d’une même famille ne partagent souvent plus le même rapport au religieux, ni de répertoire symbolique permettant de faire sens collectivement de la mort. De plus, la population québécoise majoritaire se trouve dans une forme de vacuum rituel à la fin de vie, les rites religieux étant de moins en moins demandés et les rites non confessionnels étant peu développés dans l’imaginaire social. Dans ce contexte d’indétermination, comment élaborer des rites significatifs tant pour les croyants que les non-croyants ? Sur quelle base une expérience rituelle peut-elle rassembler les familles devant la mort?

L’enquête qualitative focalise sur la pratique des ISS et leur créativité rituelle pour renouveler les modèles de rites de fin de vie. L’objectif est de documenter ces nouvelles cérémonies d’adieux dans le contexte des soins de fin de vie et de comprendre les dynamiques clés dans la portée de ces rites auprès des participants. Une recherche ethnographique a été menée en milieu hospitalier québécois en 2015 puis en 2018-2020, comprenant des entretiens approfondis avec 28 ISS d’hôpitaux urbains et des observations participantes d’une quinzaine de rites de fin de vie. Des rites proposés par les ISS en période de pandémie Covid-19 ont également été documentés à distance.

Les résultats de la recherche montrent que les ISS développent des rites structurés selon un cheminement Vie-Mort-Vie qui condense symboliquement la trajectoire de vie du patient, son mourir, sa mort et le devenir des endeuillés, tout en situant le futur mort dans une vie post-mortem évoquée en termes pluralistes, dans une approche post-chrétienne. Ces cérémonies d’adieux cherchent à induire le sentiment d’une continuité du vivant sur la base de dynamiques relationnelles, plutôt que sur l’adhésion croyante. Empruntant à la théorie relationnelle du rite (Houseman 2006), ces rites peuvent être appréhendés comme des constellations relationnelles animées par la circulation de dons (auteurs du MAUSS), grâce aux échanges affectifs et symboliques facilités par les ISS. Cela aboutit à revitaliser les relations humaines et métaphysiques entourant le mourant et à générer un sentiment de vie et d’espoir à travers l’expérience même du rite ; soit l’expérience d’une « Mort-Vie » (mort comme transformation) permettant de transcender la « Mort-Fin » (mort comme annihilation) qui limite le cadre biomédical et les visions désenchantées du monde.

Prix du meilleur mémoire de maîtrise

David Renault
David Renault s’est distingué au Tableau d’honneur de la Faculté des études supérieures et postdoctorales de l’Université Laval pour son mémoire de maîtrise « Enjeux herméneutiques liés à la perception d’incongruités ironiques, satiriques, parodiques et/ou humoristiques dans le livre de Jonas » (2023). Le Prix de l’Acébac lui a été attribué pour son article « Poisson-prophète et Qiqayon-libérateur : repenser la théodicée en Jonas », Relier 31/1 (2023). Sa thèse doctorale (en cours d’écriture) invite à repenser le problème du mal et de la souffrance en présence de la communauté écologique de Jonas. David Renault est professeur associé de la Faculté de théologie et des sciences religieuses (UL) et directeur par intérim des études de 1er cycle de l’École de théologie évangélique du Québec.

Enjeux herméneutiques liés à la perception d’incongruités ironiques, satiriques, parodiques ou humoristiques dans le livre de Jonas
Au cours du dernier demi-siècle, nombre d’exégètes choisissent d’interpréter Jonas à la lumière de ses incongruités. À leurs yeux, le lecteur qui veut comprendre ne doit pas juste lire, mais aussi rire. Mais rire de qui, de quoi, comment et pourquoi ? Leurs perspectives herméneutiques sont loin d’être univoques. Ce mémoire vise à étudier comment ces lecteurs de Jonas réfèrent aux concepts d’ironie, de satire, de parodie ou d’humour, et en quoi ces grilles de lectures contribuent (ou non) à l’émergence d’une polysémie interprétative. Cet enjeu sera exploré au moyen d’une analyse qualitative de dix publications exégétiques situées à la fin du XXᵉ – début du XXIᵉ siècle. Le premier chapitre est dédié aux herméneutiques ironiques d’Edwin Good (1965), James S. Ackerman (1981) et Carolyn J. Sharp (2009). Le second examine les perspectives satiriques de Millar Burrows (1970), John C. Holbert (1981) et Stephen D. Cook (2019). Le troisième porte sur les lectures parodiques de John A. Miles (1975) et Will Kynes (2011). Le quatrième est dédié aux interprétations humoristiques de Willie van Heerden (1992) et L. Juliana M. Claassens (2015). Pour chaque proposition, l’analyse porte sur (i) le cadre conceptuel et terminologique utilisé pour décrire les incongruités du livre, (ii) la manière dont est interprété son but littéraire, et (iii) les enjeux déterminants de la démarche exégétique. Le cinquième chapitre explore les enjeux de polysémie interprétative de l’échantillon au moyen d’une mise en dialogue comparative. Cette recherche démontre que l’adoption d’un paradigme littéraire influence toujours la manière de lire Jonas, mais que cet élément ne permet pas de discriminer la pluralité des lectures, notamment parce que les concepts d’ironie, de satire, de parodie et d’humour sont non-consensuels. Par ailleurs, l’interprétation de Jonas dépend surtout des préoccupations exégétiques du moment, des stratégies de lecture, et des postures théologiques adoptées.

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