Activités

Conférence – La fonctionnaire et le hijab : la laïcité vécue au sein des institutions publiques québécoises

Bertrand Lavoie, chercheur postdoctoral à la Chaire de recherche Droit, religion et laïcité de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke et à la Chaire de recherche du Canada en diversité religieuse et changement social de l’Université d’Ottawa, donnera une conférence autour de son récent ouvrage, La fonctionnaire et le hijab, la laïcité vécue au sein des institutions publiques québécoises.

Description : 

Depuis plusieurs années, le port de signes religieux au sein des institutions publiques est un enjeu social important dans la société québécoise. Au milieu des années 2000, lors des travaux de la commission Bouchard-Taylor, de nombreux Québécois sont stupéfaits de constater que plusieurs de leurs concitoyennes de confession musulmane affichent publiquement leur religiosité au moyen d’un foulard couvrant leur cheveux, le hijab. Certains projets de loi ont propoté d’interdire le port de signes religieux pour l’ensemble du personnel des organismes publics ou parapublics. Cette interdicton reste possible en droit québécois, mais elle doit se foncer sur la recherche d’un équilibre entre la neutralité religieuse et le droit à la liberté de religion.

Quels sont les liens existants entre la laïcité et la liberté de religion au Québec ? Que signifie la laïcité pour une fonctionnaire portant le hijab ? En documentant de manière descriptive et nuancée la question des signes religieux, Bertrand Lavoie propose, dans La fonctionnaire et le hijab (Presses de l’Université de Montréal, 2018), un examen des normes étatiques et une analyse des pratiques quotidiennes des fonctionnaires québécoises qui ainsi tentent de concilier le respect de leur foi et le respect de l’État.

Québec & Irlande : prendre le voile – survivance, piété ou féminisme ?

« Prendre le voile : survivance, piété, ou féminisme ? » – c’est le titre de la récente contribution de Mathilde Michaud, doctorante à l’Université de Glasgow (Center for Gender History), pour Histoireengagée.ca . Elle s’y interroge sur « ce qui pousse les femmes à entrer en religion en si grand nombre au 19e siècle : survivance, piété ou féminisme ».

Son article est disponible en ligne.

Conférence : Le nationalisme éthique des Québécois, d’hier à aujourd’hui

Jean-François Laniel (U. Michigan, États-Unis) donnera une conférence : « Le nationalisme éthique des Québécois, d’hier à aujourd’hui » à l’université Laval, le jeudi 6 décembre 2018 à 11h30.

Conférence Midi-CRIDAQ en collaboration avec la Chaire Jeunes et religions (ULaval)

Le nationalisme québécois est caractérisé de différentes manières selon les périodes et les auteurs concernés – ethnique, culturel, messianique, conservateur, traditionnel, défensif, fermé, identitaire, libéral, social-démocrate, nouveau, moderne, civique, politique, affirmatif, positif, ouvert. Si cette polysémie conceptuelle est parfois proche de la cacophonie, elle dessine néanmoins le contour d’une tradition politique nationale originale, avec ses débats et ses enjeux structurants. De fait, au cœur de la culture politique québécoise loge une vive préoccupation de nature éthique, qui interroge inlassablement la légitimité de ses moyens et de ses fins, et qui contribue grandement à définir les modalités d’expression de son nationalisme. C’est cette histoire longue du nationalisme éthique des Québécois que Jean-François Laniel retrace à partir de sa genèse catholique au mitan du XIXe siècle, en accordant une importance toute particulière au contexte qui est le sien, celui d’une petite nation en Amérique.

Jean-François Laniel est docteur en sociologie de l’Université du Québec à Montréal (2018). Il est chercheur postdoctoral du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada au département de sociologie de la University of Michigan, affilié au Weiser Center for Europe and Eurasia. Ses recherches portent sur les liens entre la tradition et la modernité, entre la religion et le politique, entre le christianisme et le nationalisme au sein des petites nations.

Quand ? Jeudi 6 décembre 2018 à 11 h 30
Lieu ? Université Laval, Salle 3244, pavillon Charles-De Koninck

Droite et laïcité : exploration d’un nouveau binôme politique / SISR 2019

Appel à communication pour la session thématique : Right and secularism: exploring a new political pairing / Droite et laïcité : exploration d’un nouveau binôme politique
organisée par Stéphanie Tremblay (UQAM) et Guillaume Lamy (UQAM)
Date limite de proposition des communications : 16 décembre 2018
Abstract (English):
There was a time when secularism did not mesh with the aims of the political right. The debates surrounding the 1905 law in France and the diversity of voices among Quebec secular activists in the 1960s testify to this fact: secularism was a leftist project during the 20th century. How, then, do we explain why this is now among the cardinal values of many parties and movements on the right, even the far-right, in North America as well as in several European countries? How has secularism moved from a principle of separation between Church and State to an approach that defines the criteria of inclusion and exclusion attached to national identity? Which social and political actors contribute to regulating this new « field » of secularism, and according to whose interests? How do these relations between the right and secularism evolve in an international context characterized by new concerns related to « radicalization”? This thematic session will address these different issues by focusing on the historical processes of articulation between right and secularism, the players involved in the recomposition of the political arena as well as its current or anticipated effects. We will also look at the tension between the social labelling of « normal » and « pathological » in the name of secularism and, at the same time, its ongoing shift to the right of the political chessboard, in many contexts.
Abstract (French):
Il fut un temps où la laïcité ne se conjuguait pas avec les finalités de la droite politique. Les débats entourant la loi de 1905 en France ainsi que la diversité des voix des militants laïques québécois durant les années 1960 témoignent notamment de ce constat : la laïcité a été un projet de gauche durant le XXe siècle. Comment expliquer alors que celle-ci figure maintenant parmi les valeurs cardinales de nombreux partis et mouvements de droite ou même d’extrême-droite en Amérique du Nord ainsi que dans plusieurs pays européens ? Comment la laïcité est-elle passée d’un principe de séparation de l’Église et de l’État à un champ de vision délimitant les critères d’inclusion et d’exclusion à l’identité nationale ? Quels acteurs sociaux et politiques contribuent à réguler ce nouveau « champ » de la laïcité et en fonction de quels intérêts ? Comment ces relations entre la droite et la laïcité évoluent-elles dans un contexte international marqué par de nouvelles préoccupations liées à la « radicalisation » ? Cette session thématique abordera ces différentes questions en s’attardant aux processus historiques d’articulation entre les droites et la laïcité, aux acteurs participant à cette recomposition du champ politique ainsi qu’à ses effets actuels ou anticipés. Il sera aussi question de la tension entre la labellisation sociale du « normal » et du « pathologique » opérée au nom de la laïcité et le déplacement en train de se faire à la droite de l’échiquier politique, dans plusieurs contextes.

Les acteurs de la laïcité : positionnements en contexte et en comparaison / SISR 2019

The Actors of Secularism : Comparing and Contextualizing Positionings
Les acteurs de la laïcité : positionnements en contexte et en comparaison
organisée par David Koussens (Université de Sherbrooke), Jean-François Laniel (University of Michigan) et Philippe Portier (École Pratique des Hautes Études – GSRL)
Date limite de proposition des communications : 16 décembre 2018
Abstract (English):
This panel aims to open up works on the relations between the Churches and the State, while consolidating their empirical base from field surveys carried out with agents directly or indirectly engaged in the processes of secularization. Indeed, studies on secularism often focus on normative systems, to the detriment of empirical and sociographic surveys about the actors themselves. How do the various actors, whether lay or religious, understand what secularism is? How do they take positions on the project, the movement and the challenge of keeping the religious norm at a distance from the legal and political regulation of life in society? In the process, to what extent does their participation in the debate help to reconfigure the terms and, if so, to shape and reshape the idea of secularism? This panel proposes to reflect on these topics by gathering contributions that examine, in the most recent secular debates, as much in the evolution of positions and strategies of interest groups, whether traditional ones (Catholics, Protestants, humanists, etc.) or new actors (feminist groups, LGBTQ activists, unions, children’s daycares, etc.). Moreover, it aims to identify the context of enunciation of these actors, who may evolve according to time, social factors or located contexts. Through this approach, this panel aims to contribute to building an internormative and sociohistorical sociology of secularism that would be attentive to the plurality of discourses on religion and secularism and their various mediations, whether they are legal or more broadly societal ones.
Abstract (French):
Cette session vise à décloisonner des travaux souvent théoriques sur les relations entre les Églises et l’État en confortant leur assise empirique à partir d’enquêtes de terrain réalisées auprès d’agents engagés dans les processus de laïcisation. En effet, les études sur la laïcité sont caractérisées par un tropisme exacerbé portant sur les systèmes normatifs au détriment d’enquêtes de terrain sur les acteurs eux-mêmes. Comment ces derniers, laïcs ou religieux, comprennent-ils la laïcité et quels vocabulaires lui associent-ils ? Comment prennent-ils positions sur le projet, le mouvement et l’enjeu d’une mise à distance de la norme religieuse dans la régulation juridique et politique de la vie en société ? Au nom de quelle(s) norme(s) le font-ils, selon quelle hiérarchie de valeurs ? Leur participation au débat contribue-t-elle à en reconfigurer les termes, ouvrant la voie à différents modèles ? Voilà autant de questions auxquelles cette session réfléchira en rassemblant des contributions examinant l’évolution des positionnements et stratégies de groupes d’intérêts traditionnels (catholiques, protestants, humanistes, personnel enseignant etc), et l’émergence de nouveaux acteurs (groupes féministes, militants LGBTQ, syndicats, garderies pour enfants etc.) dans les débats laïques les plus récents. Il importera de cerner le contexte d’énonciation de ces acteurs, qui évoluent dans un contexte temporel (temps court ou long) et sociétal (micro, meso et macro) situé et informé. Cette session vise ainsi à contribuer à une sociologie internormative et sociohistorique de la laïcité qui serait attentive à la pluralité des discours sur la religion et la laïcité et à leurs diverses médiations, juridiques et sociétales.

La religion à l’écran / Séance 1 : les Hassidim au cinéma

La première séance du séminaire « La religion à l’écran » aura lieu le 22 novembre prochain, de 16h à 19h : « Hassidim au cinéma : représentations des Juifs et Juives hassidiques dans le cinéma québécois » – projection du film Félix et Meira (Maxime Giroux, QC, 2014) et table-ronde.

Déroulement de la séance :

16h
Projection du film Félix & Meira (Maxime Giroux, QC, 2014)

17h45
Table-ronde animée par Valentina Gaddi (UdeM), avec :
– Alexandre Laferrière, co-scénariste
– Jessica Roda, Georgetown University
– Ruchy Wieder, membre hassidique non affiliée.

Cette séance aura lieu le 22 novembre prochain de 16h à 19h, simultanément à l’université de Montréal et (en webconférence) à l’université de Sherbrooke :
– Université de Montréal, Carrefour des arts et des sciences, salle C-1017-02;
– Université de Sherbrooke, Campus central, local A7-235 – retransmission de la table-ronde par vidéoconférence.

Entrée gratuite

Renseignements et inscription : sara.teinturier@usherbrooke.ca

Cet événement à été organisé en partenariat avec le CRIDAQ, l’équipe Pluradical, la Chaire de Recherche Droit, religion, société de l’Université de Sherbrooke et le Collectif Judéité(s).

Séminaire « La religion à l’écran » (organisation : Valentina Gaddi, UdeM ; Sara Teinturier, UdeS)
La liste est longue de ces films, séries TV et documentaires qui, d’une manière ou d’une autre, mettent à l’écran l’expérience vécue de la religion et de la spiritualité.

Ce séminaire annuel entend explorer quelques-uns de ces enjeux lors d’un cycle de quatre conférences qui auront lieu entre novembre 2018 et mai 2019, en alternance à l’Université de Montréal et l’Université de Sherbrooke. Il propose pour chaque séance la diffusion d’une œuvre cinématographique ou télévisuelle (fiction ou documentaire), suivie d’un débat entre acteurs du milieu, réalisateurs et universitaires, afin de croiser les perspectives sur les enjeux de représentations contemporains autour du religieux, des communautés et des individus croyants. La construction des mises en récits, leur circulation, et leur réception, aussi bien par les directeurs ou scénaristes que par les principaux intéressés rendus visibles sur les écrans, sont autant d’indicateurs de compréhensions particulières et situées du religieux et du spirituel à l’époque contemporaine.

Publication : Les hijras. Portrait socioreligieux d’une communauté transgenre sud-asiatique

Mathieu Boisvert (UQAM) vient de publier Les hijras. Portrait socioreligieux d’une communauté ransgenre sud-asiatique – PUM, 2018.

Présentation de l’éditeur :

Les hijras, souvent appelés « transgenres » par les Occidentaux, constituent une communauté distincte dont les fondements identitaires transcendent les seuls aspects liés à l’orientation sexuelle. Ce « troisième sexe » est présenté avec beaucoup de finesse dans ce livre qui examine, entre autres choses, les structures familiales, la perception du vieillissement, les questions liées aux droits de la personne et les rituels de toutes sortes – de la naissance à la mort en passant par l’intégration à la communauté, le mariage ou la castration.

Prenant appui sur des études de terrain et des entretiens, on y décrit un monde complexe et étonnant de gens qui vivent en marge de la société tout en luttant pour la légitimité d’un statut qui leur permettrait d’en faire pleinement partie. Trois récits témoignent particulièrement des pratiques quotidiennes des hijras et de leur philosophie et apportent ainsi à cette étude l’éclairage précieux d’une expérience directe.

 

Publication : Les catholiques québécois et la laïcité

David Koussens (U. Sherbrooke) et Catherine Foisy (UQAM) ont codirigé l’ouvrage Les catholiques québécois et la laïcité, paru aux Presses de l’Université Laval (coll. Diversité et démocratie).

Cet ouvrage fera l’objet d’un lancement le 30 novembre 2018 à 14h, à l’UQAM, organisé par le CRIDAQ.

Présentation de l’éditeur :

Si le processus de laïcisation du Québec peut certes être analysé sous l’angle des rapports de force entre les milieux catholiques et les instances étatiques, l’ouvrage insiste sur son enchevêtrement profond avec un autre processus, celui de la sécularisation.

Description

Particulièrement novateur dans les études sur les liens entre religion et politique au Québec, cet ouvrage s’attache aux logiques de ceux qui ont compté parmi les principaux acteurs de la laïcité québécoise : les catholiques. Qui sont-ils ? Quels discours ont-ils porté dans les débats laïques des cinquante dernières années et comment ont-ils appuyé le processus de laïcisation du Québec ou s’y sont-ils opposés ? Rendant compte autant de la diversité des positionnements ecclésiaux, moraux et sociopolitiques des catholiques québécois que des rapports de force qu’ils ont engagés avec l’État depuis la Révolution tranquille, cet ouvrage ouvre résolument de nouveaux horizons de recherche sur la laïcité au Québec en portant une attention particulière à ceux qui, au gré des débats sociaux, politiques et juridiques, contribuent à la façonner.

 

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